Ricardo Reyes est criminellement responsable de la Kampanyang Ahos

ENGLISH: Ricardo Reyes is criminally culpable for Kampanyang Ahos

SPANISH: Ricardo Reyes es culpable de los crimenes la "Kampanyang Ajos"

Par le professeur JOSE MARIA SISON
Conseiller politique en chef du Front National Démocratique des Philippines

Cet article est paru dimanche le 30 Janvier 2005
dans la section " Talk of the Town " du quotidien Philippine Daily Inquirer

L’équipe de négociation du Front national démocratique des Philippines (FNDP) a été informée par le Parti communiste des Philippines (PCPh) et le Bureau des procureurs du peuple que Ricardo Reyes fait face à des accusations criminelles reliées à la Kampanyang Ahos (campagne « Ail ») et à d’autres crimes qui ont été commis, et que des preuves évidentes contre lui justifient le mandat d’arrestation ayant été émis par le tribunal populaire.

L’accusation la plus sérieuse portée contre Reyes concerne la Kampanyang Ahos et elle a été formulée bien avant la formation d’Akbayan. Depuis 1992, Reyes a été formellement accusé devant le tribunal populaire pour avoir abusé de sa position dirigeante au sein de la Commision de Mindanao du PCPh et pour avoir violé les droits humains en instiguant, approuvant et dirigeant la Kampanyang Ahos.

Cette campagne entraîna le kidnapping, la torture et le meurtre de centaines de membres et de cadres du PCPh, de combattantEs et de commandantEs de la Nouvelle armée populaire (NAP) ainsi que d’autres activistes qui furent faussement accuséEs d’être des infiltrateurs envoyés par l’ennemi. Ce fut l'occasion d'une sanglante chasse aux sorcières rappelant l’époque médiévale en Europe. Les accuséEs furent privéEs de leur droit à un procès convenable et d’autres droits démocratiques.

En tant que secrétaire adjoint de la Commission de Mindanao, Reyes a systématiquement répandu la rumeur hystérique prétendant que des agents avaient largement infiltré les organisations révolutionnaires de Mindanao. Pendant que le secrétaire de la commission Benjamin de Vera était à Luzon, Reyes, en tant qu’adjoint, a approuvé au milieu de l’année 1985 la formation du soi-disant « comité de prise en charge » pour accomplir la Kampanyang Ahos. Cette campagne fit rage dans la seconde moitié de 1985 et se prolongea pendant plusieurs mois en 1986.

Reyes étendit la campagne dans la capitale nationale et tenta de diffamer plusieurs leaders populaires importants du mouvement national démocratique, en les accusant faussement de liens criminels avec ceux et celles qui avaient été arrêtéEs en tant qu’infiltrateurs à Mindanao. Le Comité exécutif du PCPh défendit et protégea les leaders populaires et empêcha Reyes de commettre un massacre dans la capitale nationale.

Malgré tout, Reyes réussit à organiser le kidnapping de Dave Barrios au siège de l’UCCP en 1986, avec l’aide de Nathan Quimpo et d’une équipe armée dirigée par Romulo Kintanar. Reyes fut celui qui injecta à deux reprises un somnifère à Barrios et qui conduisit la voiture qui amena la victime dans un lieu isolé où elle fut torturée et assassinée. Les témoignages de deux témoins directs font partie des preuves dont dispose le tribunal populaire.

Quand il fit l’objet d’une enquête en 1987 pour avoir présumément causé l’arrestation de Rodolfo Salas (en 1986) en ayant informé l’ennemi, Reyes admit au comité d’enquête qu’il s’était enregistré en 1982 en tant qu’agent de renseignement du colonel Robert Delfin mais qu’il l’avait fait afin de devenir un agent double loyal au PCPh. Cette découverte du comité d’enquête n’a pu être poussée plus loin à cause des offensives ennemies de 1988 à 1991 dans la région de la capitale nationale ainsi qu’à la campagne.

Durant les débuts du Deuxième Grand mouvement de rectification (SGRM) en 1992, Reyes écrivit secrètement des articles de salissage anti-PCPh sous la direction d’une équipe mise sur pied par le Bureau de renseignement étranger du Département d’État des États-Unis. À cette époque, Reyes attaqua publiquement le PCPh et reçut des « honoraires de consultation » d’une « organisation non-gouvernementale » (ONG) financée par la Fondation Ford ainsi que d’une autre ONG financée par US AID.

Selon le PCPh, l’enquête se poursuit pour mettre à jour ce qui pourrait apparemment être l’indice d’une carrière criminelle continue pour Reyes, ce qu’indiquent notamment les circonstances suivantes:

  1. Akbayan a collaboré avec l’armée et la Police nationale des Philippines non seulement dans des opérations de guerre psychologique et dans la commission de fraude électorale et de terrorisme contre les six partis progressistes sur la liste du Parti, mais aussi en déployant des officiers et des membres d’Akbayan comme informateurs dans des opérations meurtrières contre le peuple et les forces révolutionnaires à Batangas, dans la Péninsule de Bondoc, dans les provinces de Mindoro, Agusan, Davao et Bukidnon.
  2. Akbayan a organisé des gangs armés locaux agissant pour le compte du Réseau d’intelligence Barangay (BIN) et comme unités paramilitaires des forces armées du Gouvernement de la République des Philippines (GRP). Par exemple, Pedro (également connu sous le nom de Dioscoro) Tejino, qui est présenté faussement dans la presse par Etta Rosales comme étant un innocent fermier pauvre, « pourchassé » par la NAP et se « cachant » à Manille depuis plus d’un an, est actuellement le chef de gang du BIN dans la Péninsule de Bondoc. Vingt-neuf paysans de San Narciso, Quezon l’ont dénoncé comme étant un agent militaire le 2 mars 2004, responsable d’avoir terrorisé et détruit l’association paysanne locale.

Selon le PCPh, il y a de sérieuses preuves à l’effet que Ricardo Reyes s’est engagé dans des actes criminels commis très récemment contre les forces révolutionnaires, mais il doit d’abord faire face aux accusations qui pèsent contre lui en ce qui concerne la Kampanyang Ahos. Le gouvernement révolutionnaire et populaire exige qu’il se rende afin que les autorités puissent poursuivre leur enquête.

Il lui est recommandé de ne pas résister au mandat d’arrestation émis par le tribunal populaire. De cette manière, il pourra éviter d’être considéré comme un suspect criminel armé et dangereux, prêt à combattre. Dans tout système légal, l’équipe d’arrestation est autorisée à utiliser l’autodéfense contre un suspect armé et ses gardes du corps, spécialement dans les présentes conditions de guerre civile.

Je suis profondément intéressé à connaître la vérité à propos de la Kampanyang Ahos. Premièrement, parce que le peuple et les familles des victimes réclament justice contre ce crime barbare infligé au peuple et aux forces révolutionnaires. Deuxièmement, parce que je souhaite mettre fin aux incessantes et injustes tentatives des auteurs du crime d’en rejeter le blâme sur moi.

Depuis 1988, les services de renseignement américain, philippin et hollandais m’ont injustement blâmé pour la Kampanyang Ahos afin de nuire à ma demande d’asile politique, malgré le fait que j’étais confiné dans une prison militaire à sécurité maximale de 1977 à mars 1986. Ils ont récompensé les principaux responsables du crime et les ont utilisés pour faire de la propagande contre-révolutionnaire.

Reyes ne devrait pas pouvoir se soustraire à sa responsabilité criminelle ou revendiquer l’immunité et l’impunité en blâmant les autres pour la Kampanyang Ahos ou en évoquant d’autres crimes présumés qui n’auraient pas été correctement traités. Sous le système légal et judiciaire du gouvernement révolutionnaire et populaire, les mérites et démérites d’une accusation précise doivent être considérés d’après les faits et la loi.

En ce qui concerne la question de la ligne et de la politique à propos de la Kampanyang Ahos et des phénomènes similaires, le Deuxième Grand mouvement de rectification a identifié les principales erreurs qui ont été commises et il les a critiquées, répudiées et rectifiées. En entreprenant cette rectification, le PCPh a clairement établi que les décisions antérieures prises par quelque instance que ce soit déclarant que la Kampanyang Ahos fut un « succès révolutionnaire complet » ou « un succès révolutionnaire, avec des excès » sont totalement erronées.

Les malfaiteurs sont responsables de leurs propres erreurs politico-militaires telles que l’insurrectionnisme urbain et des crimes comme la Kampanyang Ahos. Les crimes doivent être traités différemment des erreurs politiques; ils sont soumis au système légal et judiciaire du gouvernement révolutionnaire et populaire, pour fins d’enquête et, s’il y a lieu, de procès.

J’aurais souhaité avoir plus d’espace afin de discuter de la Kampanyang Ahos et d’autres questions, incluant celles amenées par Walden Bello, Etta Rosales, Ronald Llamas, Riza Hontiveros et le personnel de Focus on Global South. Mais il est bon d’avoir apporté dans cet article une certaine attention à la Kampanyang Ahos. Les lectrices et lecteurs pourront trouver plus d’information concernant ces enjeux importants sur le site www.philippinerevolution.net.

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